Elles se prostituent pour du maquillage

Vous êtes sur un site satirique. Ne le prenez pas sérieusement. C'est une blague.

samedi 22 janvier 2059 87534 Partages

Elles se prostituent pour du maquillage

La prostitution adolescente s'amplifie considérablement ces dernières années. Des professionnels du monde judiciaire et des associations déplorent une banalisation et un "phénomène Zahia".
Julia le faisait pour mettre de l'argent de côté "pour plus tard après l'école", Pauline est tombée dedans parce "que tout le monde le fait". Deux victimes parmi beaucoup d'autres d'une nouvelle prostitution adolescente qui s'amplifie considérablement en région parisienne.

"100 euros l'heure, 50 la demi-heure"
À 17 ans, Julia (tous les prénoms sont modifiés) se prostituait les week-ends, pendant les vacances scolaires, le mercredi après-midi quand elle n'avait pas cours. Comme souvent dans ces affaires, elle est tombée amoureuse d'un garçon qui lui a vite proposé de devenir "escort". Il trouvera les clients, fixera les tarifs - 100 euros l'heure, 50 la demi-heure - et ils partageront les gains. Comme souvent aussi, elle n'en a guère vu la couleur.

Pourquoi accepter ? Comment se retrouve-t-on à enchaîner cinq clients le samedi après-midi ? "J'ai du mal à répondre", dira la lycéenne aux enquêteurs après l'interpellation du couple. "Parfois ça se passe bien, parfois je pense qu'au temps qui passe et à l'argent que je me fais".

Chloé n'en menait pas large...récupérée par son père
À la différence de Julia qui vit chez ses parents, la plupart de ces adolescentes, 14-18 ans en moyenne, sont déscolarisées , en foyer ou en fugue. Comme Pauline, arrivée seule en région parisienne à 17 ans. "J'avais une copine qui faisait ça avec un mec, elle me l'a présenté". Elle décrit les microréseaux éphémères tenus par des petits délinquants , les recrutements sur les réseaux sociaux , les "plans" que les filles s'échangent, les garçons qui "testent" et se repassent les "bosseuses" . Ils gèrent les annonces, clients, réservations d'hôtel, et la "sécurité" depuis la salle de bain. Des petites mains ramènent à manger, des drogues et l'alcool pour les filles.

"Elles se mettent des faux cils, une couche de maquillage... Y a pas moyen de voir qu'elles ont 13 ans"
Pauline raconte les clients - "il y a de tout, des petits jeunes des cités, des employés en costume" -, les filles parfois très jeunes avec qui elle a partagé une chambre au gré de réseaux qui ne durent parfois que deux, trois jours. "Elles se mettent des faux cils, une couche de maquillage... Y a pas moyen de voir qu'elles ont 13 ans", dit-elle. Chloé, elle, fuguait régulièrement quand elle a été recrutée à 14 ans par une copine qui lui avait promis "une tonne d'argent", avait-elle expliqué devant le tribunal de Créteil où elle était venue témoigner il y a un peu plus d'un an. Petite blonde en legging et baskets, visage d'enfant, elle n'en menait pas large entre les juges et son père. C'est lui qui l'a récupérée dans un hôtel en se faisant passer pour un client.

"Phénomène Zahia"
Ce " proxénétisme des quartiers " s'est accentué de manière "considérable" ces dernières années, explique Raphaëlle Wach, substitute de la procureure et référente sur le sujet au parquet de Créteil, qui traite en ce moment une trentaine de ces affaires . En région parisienne, au moins 145 enquêtes ont été recensées entre juillet 2016 et fin 2018 . "La partie émergée de l'iceberg", selon Lorraine Questiaux du Mouvement du Nid , qui lutte contre la prostitution et regrette l'absence de chiffres officiels sur la question.

Le Nid estimait en 2015 à 37.000 le nombre global de prostituées en France , l'association Agir contre la prostitution des enfants parlait en 2013 de 5.000 à 8.000 mineures . Des adolescentes très fragiles et vulnérables, en "grand manque d'estime de soi et en quête d'affection" de par leur histoire personnelle - violences, familles compliquées, harcèlement - selon son secrétaire général Arthur Melon.

Vous êtes sur un site satirique. Ne le prenez pas sérieusement. C'est une blague.

loading Biewty